The Globe Sailor Mai 2019

Posté le 21 octobre 2019

BASILE

Le mythique bateau renoue avec l’aventure… culinaire !

 

 

 

Il est des odyssées contemporaines dont les récits traverseront le temps et nourriront longtemps les imaginaires. L’aventure du bateau Basile ou plus exactement ses expéditions maritimes sont de cette trempe. Ce dériveur de 15 m de long en acier ( plan Damien II), initialement gréé en goélette, a été conçu pour faire du rêve de huit jeunes sportifs une réalité.

Inspiré des navigations de Gérard Janichon et Jérome Pocet à bord du premier Damien, le guide de montagne émérite, Bertrand Dubois, initie dans les années 70, avec quelques amis, le projet fou de faire construire un bateau en acier. L’idée de fendre les flots jusqu’à la chaîne montagneuse insulaire d’Allardyce hissée au 54e parallèle sud entre la Terre de feu et l’Antarctique, puis atteindre l’île de Géorgie du Sud, et gravir un de ses sommets emblématique : le mont Paget. Voilà le grand défi auquel ces aventuriers se sont arrimés pendant 4 ans.

De 1976 à 1980, ils sont arpentés les quais de St Malo pour trouver des financements et finir d’aménager le voilier. Embarquant équipement de skis et matériel audiovisuel, les huit équipiers s’élancent en 1980 pour une navigation au long cours, sur les traces du britannique Ernest Shackleton et de ses exploits lors d’expéditions polaires en Antarctique, au début du XXe siècle.

Le reportage baptisé “Où vas-tu Basile”, visible sur la page Facebook de l’association “Les Aventures de Basile”, est un précieux et poignant témoignage de cette aventure humaine, maritimes et sportive de haute volée. Tout y est extrême : les ascensions, les conditions de vie a terre et à bord, les vestiges désolants de l’industries baleinière, tout autant que la diversité de la faune. Des expériences qui aiguilleront chacun des participants sur leur cap à venir. Certains comme Alain Caradec, feront de cette aire de navigation allant du Pôle au Cap Horn, leur nouveau pays; d’autres, comme Bertrand Dubois, parcourront le monde à l’assaut des sommets.

Basile, quant à lui, a continué à porter des rêves de marins en sillonnant l’Atlantique, jusque dans les années 90. Son port d’attache à cette période est Barneville-Carteret, sur les rives de la Manche, où son propriétaire, Jean-Jacqueline, y entretient avec bienveillance la coque tout autant que la légende. C’est grâce à une belle rencontre entre deux marins, Jean-Jacqueline et Mathieu Goraguer, alors en quête du bateau idéal que ce voilier légendaire est sorti de sa longue léthargie, prêt à embarquer pour de nouvelles aventures. L’association “Les Aventures de Basile” qui soutient le projet de “Bateau-Crêpes” porté par Mathieu et Iris, une équipière de la première heure, agrège un nombre grandissant de bonnes volontés et  de mécènes professionnels. Basile prévoit d’embarquer deux biligs pour sillonner dans un premier temps les ports bretons et vendre de délicieuse galettes. Par son enfance dans les îles ultra marines de Saint-Pierre et Miquelon et de Polynésie, par ses attaches bretonnes, les rêves de Mathieu ne pouvaient être faits que d’horizons marins et d’escales gastronomique … Et quoinde plus iniversel pour aller à la rencontre des gens que de partager quelques crêpes le long d’un quai ou d’un ponton ? Un projet fou mais plein de bon sens. Ses première galettes devraient ravir nos papilles dès juillet 2020, pour mes fêtes maritimes de Brest.

  • TEXTE : CLEMENCE LE DEUN